Les bonnes adresses beauté
Dans une société encore très conservatrice, où l'Eglise a un poids indéniable, le culte du corps est une
obsession (ce qui ne veut pas dire que toutes les Brésiliennes sont des canons de beauté).
Parce que les habitants de Rio vivent beaucoup dehors, sont la moitié du temps en maillot de bain à la plage.
Mais aussi parce qu'avoir un beau corps, c'est le moyen d'accéder à un statut social.
Les Cariocas utilisent leur corps pour essayer de s'en sortir, par exemple en trouvant un gringo qui les
emmènera vivre en Europe ou aux Etats-Unis.
En matière de beauté, la Carioca a des must dos (et quelques clichés qui traînent sur les Françaises qui sont
certes élégantes mais « ne se lavent pas » ...)
Le salon de beauté est un centre névralgique, un lieu vital. C'est ici que les femmes prennent soin d'elles en
débriefant le dernier rebondissement de la telenovela du soir, en refaisant le monde des potins de Gente (le
People local) avec les esthéticiennes ...\
Voici quelques adresses mais surtout un passage en revue des incontournables de la pintade brésilienne.
Manicura e pedicura
Les femmes cariocas aiment jouer au foot et au volley, mais toujours avec les ongles manucurés. Même celles
qui n'ont pas beaucoup d'argent auront toujours de quoi se faire faire mãos e pés, les ongles des mains et des
pieds. Ici, c'est comme à New York : une ville de services, où l'on trouve des « ongleries » à tous les coins de
rue (en général, dans les salons de coiffure). La technique locale nous a un peu déroutées (elle consiste à poser
le vernis de couleur en le faisant déborder de partout (un peu comme on le fait à la maison quoi) puis
d'enlever le trop-plein avec moult coton imbibé de dissolvant). On préfère la minutie des Coréennes de New
York, mais le tarif (15 à 20 $R c'est-à-dire moins de 8 euros la manucure – pédicure) est imbattable.
Les salons de Werner Coiffeur sont propres et efficaces. Multiples adresses.
Academia ou encore malacao
Il est bien vu et très apprécié des hommes brésiliens d'avoir un gros « bumbum » comprenez un derrière qui
en impose. À la condition express qu'il ne tombe pas. Du coup, il y a des Academias de sports partout. Quand
ça n'est plus suffisant, on passe à la chirurgie esthétique.
Depilacao
La pilosité est l’ennemie jurée des Brésiliennes qui sont sur la plage 12 mois sur 12, et qui portent leur bikini
super échancré. Elles ont déclaré une guerre sans merci aux poils disgracieux. Le fameux depilacao implique
beaucoup de douleur et peu de pudeur. Les esthéticiennes ici sont des virtuoses de la bandelette et de la cire
chaude, allant chasser tout ce qui dépasse, et n’hésitant pas s’aventurer avec leur spatule jusque dans les
contrées les plus reculées. Et cette obsession de la peau lisse n’est pas le privilège des pintades. Les hommes
ont aussi peu de tolérance pour la pilosité de leur compagne que pour la leur. À Rio, la version ours velu
n’est pas acceptable. Aisselles et entrejambe ont droit au moins à un coup de rasoir et certains n’hésitent pas à
recourir à la cire, comme les filles. Ouch !
La chirurgie esthétique
Pas de tabous: les Cariocas parlent très librement de leurs fesses rembourrées ou de leur lifting. Ça n'est pas
un scoop, à Rio, recourir à la chirurgie plastique est presque aussi facile que d'aller chez le coiffeur. 700 000
opérations de chirurgie esthétique en 2006, trois fois plus qu'en France.
Bien sûr, ce sont d'abord les classes sociales les plus aisées qui profitent des dernières techniques de
rhinoplastie, de lifting, d'implants et de réductions mammaires mises au point dans les cliniques des beaux
quartiers, mais la cirurgia plástica séduit aussi les moins fortunées. Quand elles n'ont vraiment pas les
moyens mais qu'elles sont très motivées, les Cariocas vont faire la queue pour s'inscrire sur la longue liste
d'attente de l'hôpital Santa Casa, dans le service du Pr. Yvo Pitanguy. Elles paient en fonction de leurs
revenus, pour beaucoup c'est gratuit.
La produção
Une Carioca se métamorphose en star du tapis rouge quand elle doit se préparer pour une soirée habillée. En
brésilien, on dit qu'elle fait sa «produção», c'est-à-dire sa « production », comme pour un film. Au
programme: brushing, maquillage, manucure, pédicure, et essayage de robes longues. Nous avons testé la
produção: le résultat était plus Cruella que Gisèle (notre maquilleur avait beau se prénommer Mozart, il
avait une conception très particulière du maquillage des yeux et nous a vieillies de 10 ans en 5 minutes).
Cela dit, au final, on était assez raccord avec l'assistance de la soirée de charité à laquelle on assistait.


